Ravalement de façade pour Saphyra

Par Jack Sellaire

L'écriture et le jeu de société sont-elles deux passions incompatibles ? A vous de voir. J'accepte le challenge de les faire cohabiter via ce site hébergeant ce "double blog personnel".

12 janvier 2020

Il m’en a fallu du temps pour arriver à un compromis !
C’est drôle à dire, mais je cause bien ici de la couverture de Saphyra (mon premier et unique roman à ce jour). C’est enfin fait. Que ce fut compliqué !

Pour récapituler: Conformément à mon changement d’état d’esprit vis-à-vis de mon activité d’écrivain, j’ai presque terminé de retravailler entièrement Saphyra. Le texte est entièrement révisé (sans doute l’objet d’un futur billet sur ce blog), il me fallait ensuite revoir la couverture du livre et… Il m’a fallu plusieurs semaines. Non pas que ce fut difficile techniquement, mais je ne parvenais pas à trouver l’idée de comment mettre en valeur ce que voulait bien raconter mon bouquin.

Les contraintes étaient les suivantes:
– Je ne suis ni graphiste ni assez bon photographe pour composer de A à Z ma 1ère page de couverture. Je devais donc me débrouiller avec des ressources trouvées sur diverses banques d’images.
– Être assez équivoque quant au style du livre sans trop en dire.
– Rendre le tout attractif.
– Et bien entendu respecter les contraintes techniques, taille, qualité de fichier, colorimétrie…

Un sacré casse-tête !

La couverture précédente me plaisait de moins en moins, même si j’avais eu comme un ‘presque coup de coeur’ sur le moment: Je souhaitais mettre l’accent sur Axel – le personnage central – et la photo d’un gars donnant l’impression de s’élever dans les airs correspondait bien à cette idée (Même si physiquement, je n’imaginais pas Axel comme le gars de la photo en question). Mais avec du recul, je me suis rendu compte de deux éléments défavorables: L’image dégagée par la photo laissait plutôt supposer un récit spirituel voire ésotérique et les couleurs étaient plutôt ternes et donnaient moins envie. Je ne parle même pas de la 4ème de couverture dont je trouve maintenant le texte particulièrement niais, bateau et peu efficace.

Comment refondre le tout intelligemment ?

Un coup d’œil sur les couvertures des autres livres était important. Et cela peut sembler évident mais ça ne l’était pas encore pour moi, j’ai saisi que l’ambiance était primordiale. J’ai particulièrement aimé les couvertures des livres de Stephen King, notamment la typographie kitsch et totalement assumée valorisant son pseudonyme, de taille bien plus grande que le titre de ses œuvres. Et là, craquage de ma part ! Je lui ai emprunté cette combinaison. C’est une erreur de débutant et j’en suis conscient. Mais cette erreur, je veux la faire. Et oui, je ne suis pas connu, mettre en avant mon nom d’auteur n’aura pas d’impact. Alors pourquoi commettre cette faute ? Car cela rentre dans le défi que je me suis lancé d’oser, de m’assumer en tant qu’écrivain, de me lancer totalement sans me cacher. Et puis de toute manière, si Jack Sellaire n’est pas connu, le titre ‘Saphyra’ non plus n’est pas connu. Donc l’un dans l’autre…

Et sinon, que devais/devrais-je mettre en avant ? Mon personnage principal qui découvre qu’il sait voler ? La communauté secrète de Saphyra ? La ‘menace invisible’ ? Cette troisième piste était la plus facile à illustrer (pour ne pas dire, la seule que je pouvais réussir à illustrer), alors c’était parti. Elle m’est apparu comme davantage logique lorsque je suis tombé amoureux sur une photo de rue à l’ambiance que je qualifierais de particulière. La combinaison couleurs sombres/inquiétantes + logo ‘biohazard’ en superposition m’a séduit. Là, je ne pense pas me tromper en me disant qu’au premier regard, le potentiel lecteur anticipera un texte sombre saupoudré d’une catastrophe de grande ampleur. Et puis ce logo vert en grand, ça peut attirer l’œil. Ce qui fait peur suscite plus de curiosité que ce qui est trop édulcoré. (Ça me fait mal de dire ça, je ne regarde pas les JT car je suis gonflé par des médias mettant toujours l’accent sur le négatif et non le positif. Je me rends compte que si je veux vendre, je dois utiliser les mêmes stratagèmes. Je me dégoûte profondément ! Caca beurk beurk ! :-D)

Je termine avec le choix de la couleur verte (le rouge aurait été encore plus efficace en matière d’appât visuel), tout simplement, elle est le symbole de l’espoir. Un thème récurrent de Saphyra même s’il ne sautera pas aux yeux de potentiel futur lecteur.

Oups, j’ai failli oublier: Le texte de la 4ème de couverture m’a demandé lui aussi beaucoup de temps, même s’il n’est composé que d’une poignée de mots. Mais plus c’est court, plus c’est dur (Phrase à ne pas sortir de son contexte !). Contrairement à la première version, je l’ai épurée de toute formule débile du style « Machin va voir sa vie changé lorsque… ». Bah oui, bien sûr qu’un roman va proposer une histoire pas banale, riche en rebondissements, il ne va pas raconter les 35 heures de Jean-François Bullshit – téléconseiller chez ‘Comme J’aime’ – dont le moment fort de sa semaine sera sa lutte avec la machine à café n’ayant pas voulu lui rendre la monnaie. Pour cette version revisitée, j’ai voulu mentionner les 3 axes sus-cités : Mon gars qui vole, la communauté secrète, le ‘mal invisible’, nous savons vaguement ce que nous allons trouver dans le livre, mais comment ? Il faut le lire pour le savoir.

Pour le fun, voici les deux couvertures avant et après refonte.

Comparaison des deux couvertures de Saphyra, la version initiale et la version actuelle.

Catégories d’articles

Autres articles sur l’écriture

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *